Émeute et banditisme

Ediorial Pas de commentaire »

Les violentes émeutes qui ont secoué Grenoble, dans la nuit du 16 au 17 juillet, ne sont pas sans nous rappeler les affrontements qui ont embrasé les banlieues françaises en 2005. Mais, prudence… Les ressemblances sont parfois trompeuses !
De Clichy-sous-Bois à Grenoble, les faits sont nettement différents et moins controversés. L’homme tué par la police après avoir braqué un casino, n’a, en effet, rien à voir avec les deux jeunes électrocutés. Ici, le braqueur a été quasiment surpris en flagrant délit et son casier judiciaire - condamné trois fois aux assises pour vol à main armée- prouve qu’il était plus près du grand banditisme que du petit méfait. Dans ce cas-là, il est très surprenant de voir tout un quartier se révolter contre la force publique. Cela doit nous interroger !
Lorsque des « voyous » deviennent des référents, des figures héroïques, et déchaînent les passions sur le mode : guérilla urbaine, c’est que quelque part le modèle républicain a failli. Sur ses fonctions régaliennes, l’Etat ne peut pas reculer. Il n’en a pas le droit. La paix publique est une de ses missions fondamentales. En ce sens, il doit tout mettre en œuvre, quel que soit le coût, pour éradiquer la circulation d’armes de guerre dans les quartiers.
Ne nous trompons pas de cible. Ne versons pas dans une peur exagérée. La jeunesse de ce pays n’a pas pris les armes. Les tireurs sont isolés ou sont les représentants d’une minorité. Mais il ne faut pas laisser cette minorité ériger des zones de non-droit, sous peine de voir le milieu mafieux y faire grossir ses activités. Il sera alors bien tard pour agir.
Contrairement à Clichy-sous-Bois, le mal-être urbain a moins à faire avec les émeutes de Grenoble que la perméabilité entre petite délinquance et grand banditisme. La guerre des gangs, au sein du milieu grenoblois, s’est durcie depuis plusieurs mois maintenant. Et de l’avis de la police, la cité des Alpes prend des airs de « petits Chicago ».
Pourtant s’il y avait un lien à faire entre ce fait-divers qui a mal tourné et le déclassement social dont souffrent certaines banlieues, c’est celui de l’emploi. Redonner des perspectives d’emplois aux jeunes des quartiers est impératif, sans quoi ils construiront –comme ici- leur « ascension sociale » dans les rangs de la mafia.
Un volet sécuritaire donc pour enrayer la progression du grand banditisme et un volet emploi pour raccrocher les jeunes au train de la vie active. Les plans « Banlieue » ont toujours mis l’argent dans le bâti. Et il fallait sûrement le faire. Mais si les cages d’escalier et les ascenseurs sont en cours de réfection, peu de programme ont investi avec autant de force dans l’humain. Or, les difficultés rencontrées dans les quartiers sont d’abord d’ordre humain.

Thème WP & Icônes par N.Design Studio
Articles RSS Commentaires RSS