Couverte de “bleus”

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La « telenovelas » de l’équipe de France en Afrique du Sud a plongé le pays dans un profond ridicule. Entre injure, coup de gueule et caprice, les « Bleus » laisseront un souvenir impérissable de leur passage au Mondial : « Rappelez-vous en 2010… Quand l’équipe de France a boycotté la séance d’entraînement ! ». Non… On a préféré oublier.
La France a honte. Oui, la France a honte et c’est important. Car au-delà du ballon rond et du sport, il se joue, en toile de fond, une autre pièce : pas une farce ni une tartufferie, mais peut-être bien une tragi-comédie. Quoi que, le dénouement reste encore à écrire. Alors, attendons !
En quoi est-ce tragique ? En quoi le comportement d’une équipe de football peut bien traduire nos maux ? Pourquoi, la réaction des Français a-t-elle été si forte ? Certes, personne ne croyait réellement à une performance de cette équipe, mais tout le monde en avait envie. Plus que ça, les Français en avaient même besoin. Pris dans la crise, englués dans une rigueur qui ne dit pas son nom, luttant de toute part : pour leur emploi, leur retraite… Et attendant un été qui tarde à venir, les Français avaient un besoin vital de retrouver « l’esprit de 98 ». De croire que le groupe pouvait triompher des individualismes et que « le vivre ensemble » avait toujours un sens dans ce « vieux pays ». Cette équipe de France devait montrer qu’il était possible de faire de grandes choses collectivement. Que la solidarité était une valeur montante. Or, elle a fait tout le contraire.
Elle a montré ses individualités, ses particularismes, ses égo, ses luttes d’intérêts… Elle a volé les derniers espoirs d’une société en quête de justice et de morale. Le football nous a subitement renvoyé l’image de notre propre réalité : « Cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète », déclarait justement Alain Finkielkraut, dans le Journal du dimanche. Et c’est bien le drame !
Au lieu de retrouver l’esprit de 98, nous nous sommes vus servir celui de 68 : jouissance immédiate et exaltation des égoïsmes. Le pire, c’est que tous les champs de la représentation publique sont aujourd’hui habités de cet esprit : un secrétaire d’Etat se fait offrir par l’Etat 12 000 euros de cigares en dix mois ; des ministres cumulent une double rémunération (salaire et retraite de parlementaire) sans que personne ne trouve cela illogique… Partout, même dans notre vie quotidienne, les intérêts particuliers ont eu raison de l’intérêt général.
Alors, finalement, que la France regarde ses « Bleus » dans les yeux et n’éprouve pas trop de condescendance, car de « bleus », elle en est couverte !

Africa Unite

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Ce vendredi 11 juin, l’Afrique du Sud donne le coup d’envoi de la XIXe Coupe du monde de football ; la première sur le continent africain. Plus qu’un symbole, un défi !
Les enjeux de ce Mondial dépassent en effet largement le cadre du ballon rond. Scrutée par des milliards de téléspectateurs, la nation de Mandela devra se montrer sous son meilleur jour. L’impératif étant de ne pas décevoir, pour gommer enfin l’image noircie d’un continent englué dans les guerres, les violences, la famine… Sur ce terrain-là, tous les pays africains jouent unis, car de la victoire dépendent les investissements étrangers futurs.
Comme toujours en Afrique, c’est donc dans les stades que va une nouvelle fois s’écrire l’Histoire. Des stades glorifiés au nom de ses héros : Léopold Sédar Senghor, Nelson Mandela… Des stades où se sont faits et défaits nombre de nations africaines… Comme ce jour de 1963, où Jomo Kenyalla brandit à l’Uhuru stadium de Nairobi la déclaration d’indépendance du Kenya. Comme le 30 octobre 1974, où Mobutu offre à son pays fraîchement «zaïrianisé», un match de boxe mémorable entre les poids lourds George Forman et Mohamed Ali. Comme encore, ce 17 avril 1980, où Bob Marley joue au Rufaro stadium d’Harare, à l’occasion des festivités marquant l’indépendance du Zimbabwe.
Des pages écrites en lettres d’or… Ou de sang. En décembre 2008, le président de la Guinée Conakry, Lansana Conté décède. Le pouvoir tombe entre les mains d’un capitaine de l’armée qui promet la tenue d’élections. Ne voyant rien se profiler à l’horizon, des milliers de personnes issues de la société civile convergent alors vers le stade pour manifester leur colère. Nous sommes le 28 septembre ; un jour funeste puisque la répression sera sanglante, faisant 150 morts et plus de 1 700 blessés.
Lieu de mémoire : c’est dans le stade Amahuru de Kigali que l’on commémore le déclenchement du génocide rwandais de 1994. Lieu de refuge : c’est dans le stade SKD de Monrovia qu’est installé le plus grand camp de déplacés du Libéria, alors que la guerre civile ravageait le pays. Le stade est en Afrique bien plus qu’une simple enceinte sportive. C’est le théâtre de la vie. Il s’y concentre tous les espoirs, toutes les haines, toutes les frustrations…
C’est pourquoi, outre l’aspect purement sportif, ce Mondial 2010 électrisent les populations et les dirigeants du continent.
L’Afrique du Sud est en éveil, affichant sa couleur arc-en-ciel, sans faillir, quitte à être taxée d’amnésie partielle. Mais à ceux qui doutent de ses capacités, elle répond, avec confiance, qu’elle a livré ses dix stades –dont cinq flambants neufs- en heure, ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé. Comprendra qui voudra… Mais n’oublions pas que quand on parle de stade en Afrique, ce n’est jamais complètement anodin !

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