Étonnante histoire que celle du couturier japonais Issey Miyake qui révélait le 15 juillet dernier, dans l’International Herald Tribune, être un survivant du bombardement atomique de Hiroshima (6 août 1945).
Étonnant appel aussi de ce grand créateur, aujourd’hui âgé de 71 ans, exhortant le président américain Barack Obama à venir, le 6 août prochain, dans sa ville martyre, pour la commémoration de cet événement ô combien tragique.
Étonnante peut-être –on ne le sait pas encore-, la réaction de Barrack Obama. S’il accepte l’invitation, il sera le premier président américain en exercice à traverser le pont de la paix. Quel geste… Quelle portée… C’est à peine imaginable ! Et pourtant si souhaitable…
Barack Obama aura-t-il ce courage-là ? Lui, le président qui veut l’élimination des armes nucléaires. Lui, l’homme qui a réveillé par ses mots, à Prague, ce qu’Issey Miyake avait de si profondément enterré en lui depuis ses sept ans.
Bruce Springsteen, l’icône du rock américain, le chanteur engagé de Philadelphie, dit d’Obama : « Je le suis depuis longtemps. Il était jeune sénateur, je l’observais à la télé et je voyais déjà un homme à part, différent des autres ». Alors que cette différence s’exprime et s’affirme le 6 août prochain, car on ne peut pas fermer éternellement les yeux et oublier.
Issey Miyake a longtemps pensé qu’il pourrait oublier, mais quand il ferme les yeux, il dit voir aujourd’hui encore : « des choses que personne ne devrait jamais vivre : une lumière rouge aveuglante, le nuage noir peu après, des gens qui courent dans toutes les directions en tentant désespérément de s’échapper. Je me souviens de tout ça » raconte-t-il dans une très belle interview à l’Herald Tribune. Trois ans plus tard, sa mère est décédée des suites des radiations.
Toute sa vie, Issey Miyaké l’a passée à créer du « beau ». Il a cultivé l’art du bonheur jusqu’à la dernière couture. Et ce, sans jamais rien dire de son vécu, car il ne voulait pas être « le créateur qui a réchappé à la bombe atomique ». Quoi de plus aliénant que d’être défini en fonction de son passé.
À l’automne de sa vie, il a décidé d’ouvrir grand les yeux pour que ses fantômes ne se projettent plus seulement sur l’écran interne de ses paupières closes. « J’ai réalisé que j’avais une responsabilité personnelle et morale pour prendre la parole en tant que survivant de ce que M. Obama a appelé l’éclair de lumière ». Puisse cet éclair de lumière illuminer la marche vers l’Histoire de Barack Obama… « Tu n’as rien vu à Hiroshima » écrivait Marguerite Duras. « Tu n’as rien vu » parce que ce qui est inimaginable est incommunicable
juil 22
22 août 2009 à 18:24
lytexa…
Brevard Clerk Of The Courts …